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Les débats du GAPSE - L'enseignement supérieur

• Le débat sur le financement

Nous présentons, ci-dessous, les objections ou les suggestions qui nous ont été faites sur ce sujet.

• Il y a trop de choses à réformer à l'intérieur de l'université. Un budget plus important serait inutile.
Nous n'avons pas voulu engager un débat ni sur l'organisation interne de l'université, ni sur les méthodes pédagogiques : des ouvrages récents, dont certains très critiques, abordent ce problème.
Nous considérons de toute façon, qu'un doublement du budget sur une période de cinq ans permettra de réorganiser l'université dans de bonnes conditions.

• Pourquoi prendre les États-Unis comme modèle. Est-ce bien nécessaire de consacrer autant d'argent qu'eux à l'enseignement supérieur ?
Notons que même avec le doublement du budget, nous n'atteindrons pas encore la somme dépensée aux États-Unis.
Opter pour une politique de doublement du budget serait, tout d'abord, faire preuve de cohérence. Nous ne pouvons pas continuer à affirmer que la France est un pays qui va vivre d'une production à haute valeur ajoutée et laisser fuir toutes les entreprises créatrices de haute valeur ajoutée.

• Doubler les budgets de l'enseignement supérieur et de la recherche, n'est-ce pas participer à une course effrénée ? N'est ce pas encore plus de développement mettant en jeu les grands équilibres écologiques de la planète ?
Rien n'empêche d'orienter l'enseignement supérieur et la recherche vers une contribution pour une plus forte maîtrise des grands équilibres de la planète, d'intégrer des notions telles que l'autonomie des populations etc.

• Faire un tel effort pour l'enseignement supérieur et la recherche, n'est-ce pas encore accroître les écarts avec les pays du Sud ?
Effectivement c'est accroître les écarts avec ces pays mais il faut mieux que plusieurs pays soient parties prenantes dans cette production de richesses plutôt qu'une hyper-puissance unique sur cette planète.
Il sera nécessaire de poser au sein de l'ONU le problème du partage de ces richesses et le problème de l'émergence de connaissances au sein des pays du Sud afin d'établir de véritables réciprocités.

• Êtes-vous légitimes pour proposer une réorientation des crédits militaires ?
Au plan politique nous avons la légitimité du citoyen qui a le droit de proposer. Au plan technique nous avons la légitimité des citoyens qui, grâce à leur expérience professionnelle, savent repérer les incohérences de management.
De toute façon nous proposons cette hypothèse de réduction de certains crédits au débat national.

• Ce système de participation n'est pas égalitaire. Certains étudiants s'endetteront.
Les étudiants au moment de leurs études se retrouvent dans une situation d'égalité.
Nous ne proposons pas d'augmenter les droits d'inscription. Après les études, certains parents peuvent rembourser directement la contribution mais comme ils le font déjà, actuellement, avec une certaine partie de leur patrimoine. La véritable répartition des richesses se situe plutôt au niveau de l'imposition du patrimoine. L'endettement est tout à fait relatif puisque la somme de 22 000 euros représente l'achat d'une voiture neuve.
Un remboursement sur 10 ans sans intérêt ne représente qu'une somme de moins de 200 euros par mois.
Nous pouvons parier que la dynamique engendrée par un tel investissement, accompagné par les autres mesures de financement, provoquerait un retour, même sous la forme de salaire, d'une somme bien supérieure à l'amortissement. C'est un pari sur l'avenir.

• L'université actuelle, légèrement améliorée, ne suffirait-elle pas à remplir ses missions ?
L'université joue un rôle qui dépasse largement la formation des cadres du pays.
L'université, liée à la recherche, constitue un espace où l'imaginaire trouve des terrains favorables à son développement et à sa traduction en activités.
Il faut se rendre compte que les entreprises, associations, organisations... déclinent et meurent très rapidement, même si leur terrain est favorable. Les survivantes, dans un domaine, sont très rares au bout d'une génération. Des associations ou organisations qui pouvaient apparaître, il y a quelques dizaines d'années, très fortes ne comptent plus sur la scène culturelle et sociale d'aujourd'hui. Il y a donc une nécessité pour un pays de faire émerger sans cesse de nouvelles activités, qu'elles soient économiques sociales, culturelles ou politiques.
L'université constitue un espace qui favorise l'émergence de nouvelles activités. Ce n'est pas le seul espace mais c'est un espace important. Le jeune qui baignera dans un univers où l'imagination trouvera des traductions concrètes deviendra un jeune qui sera capable d'entreprendre.

• N'est-ce pas imiter les dits Etats-Unis ?
Certainement. Les États-Unis regorgent d'initiatives et d'idées. Il faut savoir s'en inspirer tout en poursuivant nos propres idéaux.


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